
PRB : 4 monocoques pour 15 ans d’engagement Le nouveau monocoque de Vincent Riou est le quatrième du nom. Il succède à celui skippé par Jean Yves Hasselin dans le Vendée Globe 1992 – 1993, au 60 pieds d’Isabelle Autissier entre 1996 et 1999 ainsi qu’à l’unique voilier à avoir remporté deux Vendée Globe, entre les mains de Michel Desjoyeaux puis de Vincent Riou. Les skippers parlent de leur bateau ainsi que de l’engagement de la société vendéenne à leurs côtés.
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Jean-Yves Hasselin. Premier skipper à participer à l’aventure vélique PRB. Il a pris le départ du Vendée Globe 1992 et a terminé 7ème de cette 2ème édition.
«Mon bateau avait été construit dans l’espoir de participer au premier Vendée Globe. Finalement, ce projet n’a pu aboutir. Par contre, j’étais décidé à prendre le départ du 2ème Vendée Globe vaille que vaille. J’ai rencontré Jacques et Jean-Jacques Laurent – dirigeants de PRB - seulement 10 jours avant le départ. Ils m’ont donné 400 000 francs. J’ai ainsi pu acheter des voiles neuves et de l’électronique et partir dans de meilleures conditions. En l’espace de 12 ans, les bateaux ont énormément évolué. Par exemple, le poids des nouveaux bateaux n’a plus rien à voir avec ceux de 1992. Aujourd’hui, on est à 8,5 tonnes alors que nous, nous étions à 13 tonnes. La surface de la Grand’Voile a beaucoup augmenté. On est passé de 120 m² à 160 m². Les bateaux d’aujourd’hui sont plus rapides et plus optimisés. J’ai pu naviguer à bord de PRB avec Vincent juste avant le départ du Vendée Globe et j’avais trouvé que c’était un bateau extraordinaire. Beaucoup plus maniable que ne l’était mon PRB et surtout tellement plus puissant ! " |
Isabelle Autissier. En 1996, la Rochelaise prend le départ du 3ème Vendée Globe. A la barre du plan Finot-Conq, spécialement construit pour l’occasion. La navigatrice victime d’une rupture d’un de ses safrans sera contrainte à faire une escale technique, synonyme d’abandon.
Isabelle choisira toutefois de repartir après cette escale. Elle sera le
deuxième marin à rallier le port des Sables d’Olonne mais hors course.
« Je trouve que la flotte IMOCA ne cesse d’évoluer. En 1996, nous avions le sentiment d’être à la pointe de la technologie. Je crois d’ailleurs que nous y étions. Mais c’est très agréable de constater que finalement, un gros travail sur certains détails et sur la bonne gestion du bateau est réalisé encore aujourd’hui. C’est un aspect très important. Ces monocoques 60’ ne cessent de grandir. Le côté « Open » de la classe permet d’apporter sans cesse des solutions et de chercher en permanence des évolutions. Je pense que les grands changements sont particulièrement significatifs dans les matériaux et les appendices. |

© Jacques Vapillon |

© Jacques Vapillon |
Concernant les matériaux, je me souviens que nos gréements étaient essentiellement constitués de câble. Aujourd’hui, le textile est largement utilisé, ce qui a des implications importantes sur le gain de poids. Concernant les appendices et les quilles, un énorme travail a été réalisé. En 1996, nous avions les safrans accrochés sous le bateau.
Quand on sait le nombre d’abandons liés à une casse des safrans, on comprend pourquoi, aujourd’hui ces appendices sont le plus souvent relevables et surtout beaucoup plus accessibles. Enfin, je crois que l’informatique et l’électronique embarqués permettent aujourd’hui au marin de gagner beaucoup de temps sur des tâches répétitives. Cela permet de se concentrer davantage sur les phases d’analyse et sur la gestion du bateau. Avec ces outils, le marin a gagné en intelligence par rapport à son environnement. » |
Michel Desjoyeaux. Le solitaire de Port-La-Forêt a remporté le Vendée Globe 2000 à la barre d’un nouveau plan Finot-Conq. Mich’Desj a effectué son tour du monde en 93 jours 3 heures et 57 minutes.
« Je reconnais le PRB de Vincent car il a quand même gardé pas mal de chose. Mais il s’est également bien approprié le bateau. Il a décidé seul de la majeure partie des évolutions apportées à PRB. Parfois, il m’a demandé mon avis. Je crois que cette notion d’appropriation est très importante. A mon sens, il est essentiel que la personne qui navigue sur le bateau soit à l’initiative des différents changements. Chez PRB, les relations humaines sont capitales et Jacques et Jean-Jacques Laurent ont appris à connaître Vincent dès la construction de PRB. » |
© Thierry Martinez |

© Benoit Stichelbaut |
Quelques jours avant le départ de son Vendée Globe victorieux, Vincent Riou explique son parcours et les caractéristiques de l’engagement de PRB.
« En 1993, j’ai découvert la course au large un peu par hasard lors de la Route du Café à bord d’un 60’. L’épreuve se courait à l’époque en solitaire. J’ai eu une grosse voie d’eau pendant la course qui m’a empêché de régater. Mais j’ai absolument tenu à finir ma transat. A l’arrivée, je me suis rendu compte qu’il me manquait pas mal de billes pour faire de la course au large à un bon niveau. J’ai donc décidé de retourner à l’école. Et la meilleure école, c’est celle du Figaro ! J’ai donc participé à ma première solitaire du Figaro en 1997. Ensuite, j’ai intégré l’équipe de Mich Desj pour la construction de PRB. Au retour du Vendée Globe de Michel, j’ai décidé de retourner naviguer car pendant deux ans – le temps de la construction -, cela m’avait profondément manqué. J’ai donc enchaîné deux solitaires après cette expérience de chantier. Et puis, il y a eu la proposition de Jacques et Jean-Jacques Laurent. J’ai accepté tout de suite. J’aime les relations simples qui règnent au sein de PRB. Jacques et Jean-Jacques ont tout compris de la voile et du sport » |
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